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Peuple Mafa : Sortir de la déperdition culturelle |
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Écrit par Jean-Pierre Bitongo
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Vendredi, 08 Janvier 2010 10:16 |
Les élites et forces vives du département du Mayo-Tsanaga dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, viennent de mettre sur pied une Association pour la promotion et la revalorisation de leur culture, la culture Mafa. Dans son livre « Les Mafa : un peuple une culture », le ministre Zacharie Perevet de l’Emploi et de la Formation professionnelle tentait déjà une reconstruction de l’évolution culturelle de ce peuple des montagnes du Mayo-Tsanaga. Face au péril culturel qu’il ne manque pas de relever, l’auteur explore le riche patrimoine culturel Mafa dont la préservation, estime-t-il, « est un enjeu majeur de survie ».
Prêtant un peu au Pr Joseph Ki Zerbo, Zacharie Perevet pense que « sans la maîtrise de leur passé et des valeurs culturelles qu’il recèle, il n’y a pour les peuples aucune chance de contrôler leur avenir ». Aussi vrai qu’il soutient que « malgré le goût prononcé du monde actuel pour les Nouvelles technologies, la perpétuation de l’identité culturelle est indispensable à la création d’un cadre culturel intégré et intégrateur, gage d’un développement harmonieux et d’épanouissement d’un peuple ».
Le regroupement
C’est donc dans ce souci que les élites et forces vives du département du Mayo-Tsanaga ont décidé de mettre sur pied l’Association pour la promotion et la revalorisation de la culture Mafa. Telle qu’elle est présentée, celle-ci va permettre au peuple Mafa de mettre en exergue ses valeurs traditionnelles et culturelles afin « de mieux se connaître et de se faire connaître aux autres ». Etant dit que ce peuple qui constitue pourtant l’un des grands ensembles ethniques et sociologiques du Cameroun, est toujours absent à tous les évènements culturels camerounais d’envergure.
Au jour d’aujourd’hui, la culture Mafa demeure peu connue. Et l’on peut alors tirer un coup de chapeau à Zacharie Perevet pour avoir jeté les jalons d’un retour aux sources de la culture du peuple Mafa dont il est le fier et illustre rejeton. Désormais, il est question de débarrasser l’ethnie Mafa de certains vocables péjoratifs, notamment celui de « Matakam ». Il est également urgent que ce peuple sorte de la déperdition culturelle. Ce qui ne peut être possible que par une conscience collective. Comme le dit Zacharie Perevet, « il y a donc un devoir absolu doublé d’une nécessité impérieuse d’assurer une continuité devant permettre aux générations qui se succèdent, de réfléchir chacune sur le sens caché et profond de ces ingrédients qui font de la culture Mafa un véritable creuset des valeurs universelles ».
A court terme, cette nouvelle entité se penchera entre autres sur l’apprentissage et l’enseignement de la langue Mafa dans les familles, l’organisation des manifestations culturelles, l’écriture du patrimoine culturel Mafa.
Jean-Pierre Bitongo
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