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Leçons de « Bonatologie » à Douala |
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Écrit par Cameroon-Tribune
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Lundi, 21 Décembre 2009 20:13 |
L’artiste, qui donnait un concert caritatif initié par le Lions Club Orchidée, a séduit vendredi dernier par une prestation pleine de maestria. Finalement, il n’aura pas joué « Souleymane », une des chansons de son nouvel album, vivement demandée par les nombreux fans, décidément à la page, avec le disque de Richard Bona, « The Ten Shades of Blues », sorti il y a moins de deux mois. Le virtuose de la basse n’aura pourtant chanté que « Shiva Mantra », et « Mbemba Mama » chansons issues de son nouvel album, qui constitue une ode au blues. Pour découvrir le reste, il faudra acheter l’album...
Cela dit, le concert donné par Richard Bona, vendredi dernier à Douala Bercy, aura encore comblé toutes les attentes. Et cette fois-ci, ce n’était pas un public populaire comme à Ya-Fe l’an dernier. Plutôt, un sélectif public convié par les dames du Lions Club Douala Orchidée a été entraîné par la magie Bona. Malgré des débuts timides, l’artiste a vite emballé tout le monde. Et rassuré : son dernier concert sera une occasion de faire la fête et la folie sur la terre de ses ancêtres. Le meilleur pour la fin, la folie de la basse. Avec sa guitare, Richard Bona aura injecté un spasme aux dames, un frisson qui a un je-ne-sais-quoi d’affolant. Au même moment que l’instrument de musique tremblait sous les doigts de Bona, le public roucoulait d’extase, se surprenant à fredonner des airs connus ou à opiner d’approbation sur le beat insufflé par le maître. Applaudissements.
Richard Bona est resté égal à son talent inclassable. Chef d’orchestre inspiré, le gars de Minta a fait le show, a entraîné en même temps le public avec des piques humoristiques et une spontanéité non feintes. En américain ça se dit : Bona makes you sweat ! Ancien et nouveau répertoire de l’artiste, depuis « Scenes From My Life » « Tiki », en passant par « Reverence » et «Munia : The Tale » se côtoient. Les morceaux, alignés sans répit donnent une séquence de bonheur sensoriel inouï. « Please Don’t Stop», « O Sen Sen », « Eyala ». Les ballades sont spécialement appréciées, comme pour « Suninga », quand ce n’est pas tout simplement de la subjugation. Il appelle ça la «Bonatology ».
De l’admiration et du respect aussi pour cet artiste intelligent qui sait d’où il vient. Et n’hésite pas à rendre hommage à ses devanciers et inspirateurs : Jaco Pastorious, pour une séquence jazz et instrumentale sublime, Pierre Diddy Tchakounté, pour un échange plus qu’enjôleur sur les lieux communs du terroir. Hommage aussi, avec le très spirituel « Samaouma », pour une touchante incantation, à un confrère disparu récemment, Valéry Lobe. Le valeureux batteur et arrangeur respecté de ses pairs, a été enterré il y a une dizaine de jours à Douala. Au finish, et après deux heures pile de spectacle, Richard Bona a encore marqué les esprits. Accompagné de son « Band » recruté dans les quatre coins du monde, le tout servi par un cocktail polyphonique et polyrythmique étonnant. Please don’t stop the lesson, Master Bona.
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