Le lancement de la 6e édition du festival n’a pas eu lieu samedi. Faute de moyens, selon les organisateurs. La même chanson. Pas celle de femmes attendues sur le plateau du Massao, mais celle du ratage. Après l’annulation (excusable du reste) de l’année dernière, avait-on dit, suite au manque de moyens et surtout au décès de la tête d’affiche de cette manifestation Miriam Makeba, cette année, le comité d’organisation du Massao remet ça.
Malgré une communication aguichante, c’est simplement une sortie manquée qui a été servie samedi dernier à la Place du Gouvernement à Bonanjo. Un peu comme si l’artiste, au moment de monter sur scène, s’écroulait sur la dernière marche des coulisses et se cassait le nez.
C’est, toutes proportions gardées, ce qui est arrivé au Massao de Théophile Mbouma Bissa, samedi. Un lancement raté, un nez cassé qui conduit la manifestation d’urgence à l’hôpital. Diagnostic : « Manque de moyens financiers », lance, pourtant serein, Mbouma Bissa rencontré, samedi soir, alors que le public quittait piteusement les lieux. Au loin, une musique semblait distraire les oreilles, et on se surprenait même à avoir froid dans la chaude Douala. Un coup de froid sur le Massao. « On a réalisé qu’on n’était pas tout à fait prêt. Humblement, on avoue notre erreur. C’est dans la logique de l’annulation de l’année dernière. Toutes les conditions n’étaient pas réunies. On a différé le démarrage à ce dimanche, le temps que le dispositif technique soit au point. Les financements arrivent à leur rythme et la mise en place prend du retard », essaie d’expliquer Mbouma Bissa.
Conséquence, Kareyce Fotso, étoile montante de la musique camerounaise annoncée en ouverture, est repartie déçue. Elle se veut compréhensive : « Si le Massao n’a pas commencé ce n’est pas de sa faute [Théophile Mbouma Bissa]. Tu peux organiser un événement, mais tous ceux sur qui tu comptes te lâchent à la dernière minute. Je le comprends et je compatis. Je suis de ceux qui étaient-là tous les jours à le voir se démener pour son festival. J’étais plus à le consoler qu’à autre chose samedi.»
L’autre consolation et non des moindres est celle du Mincult Ama Tutu Muna, qui, de source crédible, est arrivée au Massao vers 19h, alors que rien n’était en place. « Nous avons su à 12h samedi qu’on raterait le départ. La ministre de la Culture, informée des difficultés que nous avons eues, est venue personnellement et nous a transmis ses encouragements et donné des instructions à ses collaborateurs. Je dois dire que nous bénéficions de son attention particulière pour cette édition, comme jamais. » Au moment où nous quittions la Place du Gouvernement, les organisateurs assuraient qu’hier dimanche, les choses devaient s’arranger, et qu’une exposition aurait lieu, de même que les plateaux révélation et artistes confirmées. On annonce d’ailleurs pour ce lundi le spectacle de la jeune chanteuse française Buridane, en partenariat avec le Ccf. Pourvu que les projecteurs du Massao s’allument définitivement à cette occasion.
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