Il occupera les fonctions de gouverneur pour un mandat de sept ans non renouvelable. Le nouveau gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale(Beac) nommé le 17 janvier dernier à l’issu du dixième sommet des chefs d’états de la communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale(Cemac) sera installé demain vendredi 29 janvier 2010 au palais des congrès de Yaoundé. La cérémonie qui s’annonce très courue par l’establishment politique de Yaoundé et d’ailleurs, sera grandiose au vu de la taille des invités conviés au sommet du mont Nkol-yada et si l’on s’en tient aux commentaires des uns et des autres.
Elle sera certainement semblable à l’installation il y a trois ans du gouverneur sortant Philibert Andzembé accusé aujourd’hui à tord ou à raison de négligence dans un détournement d’une trentaine de milliards de francs CFA dans les démembrements de l’institution sous régionale qu’il n’a dirigée que pendant à peine trois ans.
L’équato guinéen Lucas Abaga Tsama, 48 ans, prend donc les rênes d’une institution qu’il connaît bien. Pour y avoir occupé le poste de directeur de l’exploitation. Ce haut fonctionnaire que d’aucun qualifie de rigoureux et bosseur s’aura-t-il impulser les mutations tant attendues à la banque ?
Une nouvelle ère
En tout cas, Thomas Dakayi Kamga, ex secrétaire exécutif de la Cemac reste sceptique quant à l’instauration du principe de la rotation des gouverneurs à la Béac. Ce poste est selon lui, plus politique que technique. La transparence et l’équité auraient voulu que le gouvernorat soit soumis au processus d’appel à candidature dans chacun des six pays de la sous région. Question de garantir un bon profil du postulant sélectionné appeler à gérer la banque. « La nomination du nouveau gouverneur de la Béac ressemble à ce qui avait déjà court. Sauf que, au lieu d’un gabonais choisi par son président, cette fois ci, c’est le président équato guinéen qui a proposé un nom. Le dernier gouverneur de la banque était directeur national. Est-ce que cela garantit qu’il était la meilleure personne qui avait le meilleur profil pour assumer ce poste ? Je n’en sais rien. C’est possible. Mais à mon avis, il y a aussi d’autres paramètres qui entrent en ligne de compte quand le choix est fait par une seule personne ; par un président qui peut très bien choisir un membre de sa famille ou quelqu’un qui lui est proche. Pour ma part, une sélection par un mécanisme indépendant serait la meilleure garantie pour avoir le meilleur candidat possible parce que une banque centrale c’est quand même essentiel pour le développement économique. »
Lucas Abaga Tsama est nommé dans un contexte particulier. Celui de la quasi refondation des accords de Fort Lamy (Tchad) adoptés en 1973 et qui stipulait que le poste de gouverneur soit exclusivement occupé par un ressortissant gabonais. Les chefs d’états de la Cemac sous l’impulsion du président équato guinéen Théodoro Obiang viennent de le battre en brèche. La Guinée Equatoriale devenue cette dernière décennie un eldorado pétrolier, a vu ses réserves financières se multiplier au fil des ans. Ainsi, elle détient à ce jour près de la moitié des réserves de la Banque centrale (49%). Raison pour laquelle elle est montée au créneau pour dénoncer l’injustice que les anciens accords laissaient transparaître.
Depuis le 17 janvier, le gouverneur actuel est nommé pour sept ans non renouvelable. Le principe de la rotation par pays et suivant l’ordre alphabétique prendra le relais au terme du mandat actuel. Pour éviter toute malversation financière, les chefs d’états ont instauré un audit annuel. Lequel va évaluer au terme d’un exercice, la bonne ou la mauvaise gestion du nouveau gouverneur.
Floriane Payo
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