Prix du pain : Des boutiquiers font de la résistance
Écrit par CAMEROON-TRIBUNE
Dimanche, 07 Février 2010 06:28
Dans les quartiers, certains vendeurs continuent de proposer cet aliment essentiel à 150F. Le pain coûte 150 F dans mon quartier, pourtant son poids n’atteint même pas le grammage normal », se plaint une jeune étudiante habitant le quartier Mvan. Elle s’interroge sur l’intérêt de la campagne pour l’homologation du prix du pain à 125 F récemment lancée par le ministère du Commerce. Comme elle, bon nombre de Yaoundéens sont surpris par l’entêtement des boutiquiers. A Essos, Efoulan, Olézoa entre autres, le phénomène prend de l’ampleur. Dans certaines échoppes, deux types de pains à prix différents se côtoient très souvent, même lorsque leur poids est quasiment identique.
Approchés, les vendeurs accusent certaines boulangeries de la place. « C’est le pain Acropole qui coûte 150 F. Ils nous le livrent à 135 F. On ne peut pas faire autrement », se justifie Samuel, boutiquier au quartier Olezoa. Cette assertion est balayée du revers de la main par les responsables de la boulangerie Acropole. « Nous ne livrons le pain à personne. Nous n’avons pas de détaillants, ni de grossistes. Notre pain coûte 125 F et qui veut en consommer vient l’acheter ici », explique Tom II, chef du personnel. Il ajoute : « Nous vendons à 125 F parce que nos machines ne nous permettent pas de produire un pain au poids inférieur à 230g. Or, ce poids est au-dessus des 200g exigés par les autorités. Nous leur avons expliqué cette situation et ils ont compris.»
Seulement, dans les quartiers, les clients disent observer que très souvent, le pain si chèrement vendu, malgré la ressemblance, n’a pas le poids du pain fabriqué dans cette boulangerie de la capitale. Une situation que reconnaissent les responsables d’Acropole. « Nous sommes en guerre contre les boulangeries du quartier qui fabriquent du mauvais pain et disent que ça provient de chez nous. Parfois, ces pains deviennent aussi durs que du bâton 3 heures seulement après leur livraison », renchérit-il. Le phénomène perdure. Dans certaines échoppes, le pain normal a fini par laisser la place au « pain Acropole», que certains vendeurs disent plus apprécié par les clients. Pourtant, en juillet dernier, une convention signée entre le Mincommerce et les responsables de boulangeries fixait le nouveau prix du pain.