
Les assises qui s’ouvrent jeudi à Yaoundé permettront de proposer des solutions aux maux dont souffre le Coton africain.
Le coton africain sera retourné sous toutes les coutures, du 11 au 13 mars 2010 à l’hôtel Hilton à Yaoundé, à la faveur des huitièmes journées de l’Association cotonnière africaine (ACA) qui ont pour thème: « Le coton africain face à ses défis ». Les quatre communications prévues à cette occasion portent sur les indicateurs du marché mondial du coton, analyse, prévisions et projections ; la situation actuelle et les perspectives du coton africain face à l’environnement économique mondial ; la culture du coton et la diversification des cultures ; les biotechnologies et la culture du coton.
Vendredi dernier à Yaoundé, en prélude à cet important événement, un point de presse a été donné par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, en présence du ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, et du directeur général de la Sodecoton, Iya Mohammed. Il ressort des échanges et du dossier de presse disponible que la culture du coton est pratiquée dans cinq grandes régions du continent africain (Afrique du Nord, de l’Ouest, du Centre, de l’Est et Afrique australe). Mais c’est en Afrique de l’Ouest et du Centre que cette spéculation joue un rôle de premier plan dans les économies où près de 25 millions de personnes tirent l’essentiel de leurs ressources de la filière cotonnière (agriculteurs, transporteurs, banques, PME de prestation de service, salariés des sociétés d’égrenage et des huileries cotonnières, commerçants).
Seulement, si la filière cotonnière africaine constitue l’un des rares secteurs où le continent demeure relativement compétitif, on ne peut omettre de souligner que les huitièmes journées de l’ACA se tiendront dans un contexte où le coton africain subit les affres d’une crise persistante. En cause, les baisses successives des cours mondiaux du coton-fibre, qui engendrent la chute des revenus issus de la culture du coton. Si les cours mondiaux s’effondrent, c’est essentiellement du fait des distorsions crées sur le marché par les subventions européennes et américaines à leurs producteurs, dont le corollaire est l’accumulation des stocks suite à la forte production qui dépasse la demande mondiale. Un doigt accusateur est également pointé sur la dépréciation du dollar américain (monnaie de référence du coton) par rapport à l’Euro (monnaie à laquelle est rattaché le F CFA par une parité fixe et monnaie utilisée par les producteurs), et la forte concurrence des fibres synthétiques vendues moins chères.
On indique, pour illustrer le malaise de la filière, qu’entre les campagnes 2004-2005 et 2008-2009, la production africaine a baissé de 42%, chutant de 2 043 000 tonnes de fibre à 1 175 000 tonnes de fibre. Cet effondrement de la production a entraîné une baisse des revenus des cotonculteurs et provoqué la faillite de plusieurs sociétés d’égrenage.
Au Cameroun, 3e producteur de l’Afrique francophone, après la production record de 306 063 tonnes de coton-graine en 2004-2005, on a assisté à une chute brutale en 2007-2008, avec 124 000 tonnes produites, soit une diminution de plus de 50%. Quant à la Sodecoton, elle a enregistré une perte de plus de 16 milliards de F CFA entre 2005 et 2008. Les producteurs, entre 2005-2006 et 2007-2008, ont quant à eux enregistré une baisse de 30 milliards de F Cfa sur leurs revenus, soit 110 000 F CFA de perte par hectare.
Pour être plus compétitive, la filière cotonnière africaine doit utiliser les biotechnologies pour une production accrue, œuvrer pour une plus grande transformation locale de la fibre et des produits dérivés du coton, et diversifier les revenus des producteurs.