L’annonce a été faite hier mercredi par le bureau exécutif de l’association cotonnière africaine qui ouvre les assises de sa huitième journée ce matin à Yaoundé. « Le soutien au déficit des filières est la clé de la relance. Il faut faire en sorte que ce déficit soit pris en compte par les organisations économiques sous régionales et la communauté internationale. Car il s’agit de la survie de millions d’africains qui gagnent dignement leur vie du travail de cotonculteur. C’est l’industrialisation de l’Afrique toute entière qui est en jeu ».
Voilà l’appel poignant de M. Diop Bachir, directeur général de Sodefitex et par ailleurs président de l’association cotonnière africaine. Cet appel est une ébauche du plan « Marshall » à mettre en œuvre par les pays africains qui croient au coton, véritable pivot de la croissance économique, mamelle nourricière qui entretient plus de 100 millions de familles, tomber en désuétude et qui nécessite d’être relancer.
Si le thème des huitièmes journées du coton est axé sur le coton africain face à ses défis, c’est que rien ne va plus pour cette filière industrialisante jadis fleuron d’un continent. Les difficultés d’accès aux intrants, le déséquilibre entre les coton subventionnés et produits à base d’Ogm et le coton africain qui ne bénéficie d’aucun avantage, la dépréciation des cours du coton sur le marché international du fait de la hausse du pétrole, sont autant d’éléments qui ont favorisé sa décrépitude. Au point d’entraîner une baisse drastique de sa production. Tenez. La seule production africaine de fibre a connu une chute inexplicable. Elle est passée de un million de tonne dans les années 2004 à seulement 400.000 tonnes aujourd’hui. Les observations de l’Aca disent qu’en l’espace de quatre ans, la production africaine a baissé de 42%. L’on est passé de 2043.000tonnes de fibre à 1.175.000 tonnes. La mévente du coton à cause du caractère instable de ses cours, l’effondrement spectaculaire de la production, des revenus des cotonculteurs et la faillite de nombreuses sociétés d’égrenage dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre à l’instar de la république centrafricaine, Guinée Bissau, Niger, ont disparu de la carte cotonnière africaine du fait de la faillite.
Subventions
Après avoir dressé l’état des lieux, l’Aca, appelle à une mobilisation des bailleurs de fonds dans le cadre des financements qui permettront le moment venu d’appuyer les producteurs, véritable fournisseur de matière première pour les entreprises cotonnières. A côté de l’appui des bailleurs, l’Aca propose aux dirigeants étatiques, la subvention. Iya Mohamed, membre de l’Aca et directeur général de la Sodecoton partage cet avis. « Les états doivent subventionner les intrants agricoles et travailler pour la productivité des cotonculteurs. » suggère le Dg. Ici, on pense avec fermeté que l’appui étatique permettra aux producteurs de réduire les coûts de production. A la Sodecoton, l’on a consacré 60 milliards de francs cfa en 2004 à l’achat des fibres. En 2009, ce montant a subi une triple chute. Passant ainsi à seulement 30 milliards. Ce déficit consacré à l’achat des fibres de coton est lié à la conjoncture internationale. Amenant de ce fait les responsables de société cotonnière à revoir leur budget. Conséquence, c’est le petit cotonculteur qui en paye les frais.
Aux dernières nouvelles, les assises de l’Aca qui s’ouvre ce jour à Yaoundé connaîtront la participation d’une centaine de participants venant d’une trentaine de pays. Les échanges promet-on, doivent permettre d’aboutir sur l’harmonisation des pratiques culturales du coton avec l’introduction des Ogm qui promettent des rendements consistants. Question de s’arrimer à la donne des pays européens et des états unis qui le pratiquent depuis fort longtemps. Même si en Afrique, l’exemple du Burkina Faso semble très avancé.
L’Aca a pour mission phare de défendre les filières cotonnières africaines face à un environnement économique mondial déséquilibré par les subventions.
Floriane Payo
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