Deux ans de prison ferme avec mandat d’arrêt à l’audience ; une amende de treize millions et une condamnation de sept cent cinquante mille FCfa aux dépens. C’est la lourde peine infligée à l’un des premiers présentateurs de l’émission « Sport parade », sur la Cameroon television (CTV) devenue quelques années plus tard Cameroon radio and television (CRTV). Le juge, Mme Tchemboung du tribunal de grande instance (TGI), du Mfoundi n’a pas été du tout tendre envers André Ayissi Essomba qui pourtant affichait l’air serein à son arrivée au palais de Justice très tôt le matin, vendredi dernier ; accompagné de son épouse, pour la quatrième audience d’un procès qui dure depuis quelques mois.
Le journaliste qui écope de cette dure peine, est reconnu coupable de fabrication de faux documents administratifs ; notamment un « faux titre foncier » et une « fausse ordonnance » pour la production d’un duplicata de titre foncier.
La trame de l’histoire repose sur un litige foncier qui oppose André Ayissi Essomba à un de ses oncles, Thomas Enyégué Mebé. Tous deux sont les principaux héritiers respectifs, d’Essomba Vincent et Mebe Pierre (aujourd’hui décédés), copropriétaires de la parcelle de plus d’un hectare de terre au quartier Mvog-Atangana Mballa à Yaoundé. Selon des accords conclus au cours d’un conseil de famille, cette parcelle aurait été divisée entre les deux familles. La plus importante, près d’un hectare, est revenue aux descendants de Thomas Enyégué Mebé et le reste, soit trois cent soixante quinze m2 situés en face de la chapelle de Mvog-Antagana Mballa à ceux de Essomba Vincent dont le seul héritier est André Ayissi Essomba.
Appel
Soucieux de consolider son bien, le journaliste avait engagé des démarches en 2002 pour l’obtention d’un morcellement à partir du titre « père ». Il croise sur son chemin un certain Tobie Ndjock agent au conservatoire du patrimoine domanial, qui lui produit un duplicata du titre égaré, contre une somme de 75 mille FCfa. Il versera cette pièce au dossier constitué pour une demande de morcellement. C’est quatre ans après, soit en 2006, qu’il est convoqué au secrétariat d’Etat à la Défense (SED), pour faux et usage de faux. Les gendarmes lui indiquent que le duplicata versé au dossier est un faux de même que l’ordonnance qui requérait son établissement. Il est présenté au juge d’instruction après deux ans d’enquêtes préliminaires.
Pascal Manyangueumabe puisqu’il s’agit de lui, organise une confrontation avec le fameux Tobie Ndjock, convoqué sous exploit d’huissier. Ce dernier, à la surprise générale, nie tout en bloc. Aussi, une ordonnance de renvoi est-elle délivrée contre le journaliste qui comparaîtra libre pendant tout son procès, jusqu’à sa condamnation de vendredi 07 février 2010, immédiatement suivie de son incarcération à la prison de Kondengui. André Ayissi Essomba, né en 1954 sur les terres querellées, y a élu domicile en construisant une villa ; et n’a jamais cédé à la pression de sa fratrie, de vendre le reste. Il fait donc aujourd’hui les frais de sa détermination de ne pas vendre un iota de la parcelle familiale, face à des cousins, oncles et tantes décidés à tout bazarder. Non sans l’avoir fait pour ce qui leur appartient de droit. Cette partie de la famille fait bloc derrière son oncle Thomas Enyégué Mebé vivant à Torcy en France qui s’est constitué partie civile dans ce procès qui a livré son premier verdict seulement. Car les avocats de notre confrère entendent interjeter appel ce jour. Rodrigue N. TONGUE (Cp)
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