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Des étu diantes quittent l’université pour cause de harcèlement sexuel. D’après les responsables de la cellule d’écoute, 12 cas ont été recensés depuis 2008.
Carine M., étudiante en 4ème année à la Faculté des arts, lettres et sciences humaines ne fait plus partie des effectifs de l’université de Yaoundé I. Depuis l’année académique 2009/2010, elle est inscrite à l’université de Douala où elle prépare désormais un Master en communication. Carine M, a en effet été contrainte de quitter la capitale pour cause de harcèlement sexuel.
L’enseignant qui supervisait son travail de recherches est tombé sous son charme et a décidé de « finir avec elle » dans un lit. Contrainte de coucher avec l’enseignant ou de partir, l’étudiante n’a pas hésité à jeter l’éponge. Comme Carine M., Céline D. et Séphora T, étudiantes, ont quitté prématurément l’université de Yaoundé I en 2009 pour cause de harcèlement sexuel. Clarnette Sodon, chef de la cellule d’écoute du Centre médico-social de l’université de Yaoundé I, qui mène une étude sur ce problème, explique : «Elles n’en pouvaient plus. Elles avaient honte, surtout, elles avaient peur de dénoncer des enseignants qui, plus tard, pourraient leur faire payer le prix de leur indiscrétion. C’est pour cela qu’elles sont parties », regrette la psychologue.
L’université de Yaoundé I s’est véritablement penchée sur la question du harcèlement sexuel en 2008. « On s’est rendu compte qu’il y avait des problèmes connexes au Vih/Sida, notamment le viol, le harcèlement sexuel et le mal-être des étudiants », ajoute Clarnette Sodon. Depuis lors, 12 cas avérés de harcèlement sexuel ont été recensés dont 3 en 2008 et 9 en 2009. C’est sans compter avec « ceux qui n’osent pas se confier directement à cause des représailles», ajoute la psychologue. Si elle reconnaît que des étudiants harcèlent des enseignants, la responsable de la cellule d’écoute affirme que seules les étudiantes viennent vers elle. Les harceleurs sont connus, mais la Cellule d’écoute se refuse de les dévoiler. « Je ne peux pas donner de noms. Je ne veux pas briser des carrières», déclare Clarnette Sodon.
Au sein de la communauté universitaire, le problème n’est pas pris à la légère. Pour le secrétaire général de l’université de Yaoundé I, le Pr Jean-Emmanuel Pondi, un comité de vigilance sera mis sur pied au sein de l’université. Résolution prise en novembre dernier au cours du conseil d’administration. Pour le recteur de l’université de Yaoundé I, le Pr Oumarou Bouba, le harcèlement sexuel constitue une violence faite à la femme et qui réduit du même coup la chance des filles d’accéder à des études supérieures. Pour certains observateurs, “ Le Code pénal camerounais ne prévoit pas encore une loi qui condamne ce comportement. Il existe juste des lois qui s’y rapportent tel le chantage, les menaces physiques ou morales.
Avis aux étudiantes et étudiants En cas de harcèlement sexuel, appelez la cellule d’écoute de l’université de Yaoundé I au numéro de téléphone 22 61 89 92. La Cellule d’écoute de l’université de Yaoundé I est logée dans l’enceinte du Centre médico-social, situé en face de l’Institut national de jeunesse et des sports (Injs) à Ngoa-Ekelle.
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