Au-delà de l’annonce d’une élimination de plusieurs candidats par divers médias, de fortes supputations de manipulation des résultats défraient la chronique. Les éternels rebondissements qui entachent la quintessence des concours publics au Cameroun semblent loin de se terminer. Les péripéties du récent concours de la police rappellent à beaucoup, le très attendu retour du christ par les chrétiens.
En effet, similairement à cet épisode de la bible, les retards temporels qui ont particulièrement marqué ce concours exaspère et soulève de vives allégations quant à la pertinence des résultats définitifs qui en résulteront. Non seulement les résultats partiels relatifs à la première phase auront peiné à sortir, maintenant de nouveaux contrecoups liés à la disqualification de plusieurs candidats, discréditent considérablement le travail de la commission chargée de promulguer les résultats finaux.
Griefs
L’annonce par certains médias la semaine dernière d’une éventuelle élimination d’une centaine de noms, fait de sérieux remous. Cette information non confirmée par les responsables de la Police, se fonde sur le fait que des dossiers de nombreux candidats présenteraient des déficiences de fond et de forme. Un nombre important de candidats seraient atteints du VIH/Sida, or cette pathologie incurable serait automatiquement disqualificative pour les candidats atteints.
En dépit du problème de santé, des candidats en possession de faux diplômes et d’actes d’état civils falsifiés seraient également indexés par cette nouvelle mise à l’écart. En effet, lors d’une récente interview du délégué général à la sûreté nationale, ce dernier affirmait que toutes les mesures seraient prises pour mettre à l’écart les individus véreux qui tenteraient d’utiliser des moyens insidieux pour tromper la vigilance.
Dans cette rigueur affichée, celui-ci indiquait implicitement que l’incident des listes, qui avait émaillé le précédent concours, n’arriverait pas. En fait, durant celui-ci, il y avait eu plus d’admis que d’admissibles, ce qui avait contribué à ternir la clairvoyance de cet examen.
Corruption
Contre mauvaise fortune, le déroulement des événements semblent aller contre la quiétude d’Emmanuel Edou. En effet, même si de manière officielle aucun discours relatif à ce sujet n’est fait, officieusement des officiers de police interrogés corroborent avec cette rumeur. Ces derniers qui ne nient pas le fait que certains candidats aient été contrôlés positif au test du VIH, indiquent toutefois que d’autres raisons pourraient justifier des éliminations massives des candidats de la course.
Premièrement, rien n’expliquerait le fait que ce soit en ce moment qu’on découvre des candidats détenteurs de faux documents. Durant la première phase, la raison qui avait été évoquée pour justifier le crucial retard des admissibilités était un besoin de vérifier minutieusement les différents dossiers des concourants au « cas par cas ». Finalement, si c’est maintenant que les vérifications ont lieu, pourquoi ce long retard ?
En plus, si véritablement des personnes atteintes du VIH devraient être éliminés, la Délégation Générale à la Sûreté nationale devraient appeler ces personnes afin de leur faire part de leur statut sérologique, or nous indique des sources, jusqu’à présent personne n’a été appelé. Ces sources nous révèlent plutôt que comme à l’accoutumée, les listes de privilégiées, parallèles à celles des méritants, essaieraient de se faire une place importante au soleil. En dépit de la bonne volonté de transparence du délégué, des réseaux tantôt issue de la présidence, tantôt provenant du comité central du Rdpc serait responsable de l’imbroglio qui règne en ce moment. A ceux-ci s’ajoute le problème de monnayage des places. Certaines personnes affirment avoir été approchées par des cadres de l’administration policière dans le but de les aider à faire réussir leur progéniture, moyennant des montants variant entre 3 millions et 6 millions de francs CFA. A cet effet, il ne serait pas surprenant de voir à nouveau, le nombre d’admis être plus grand que celui des admissibles comme par le passé comme semble indiquer notre source.
En attendant qu’officiellement cette nouvelle soit approuvée ou désavouée, le silence pèse lourdement laissant place à toutes sortes de supputations. Pour les multiples candidats encore en lice dans la quête du précieux sésame que représente une intégration dans l’administration policière, la sortie du sépulcral tunnel de la misère et de la corruption semble encore très loin, voir même inaccessible à moins d’un improbable miracle.
Paul Tonye Njel
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