Ce sera le 16 mars prochain si leurs doléances ne sont pas prises en compte. Ils promettent de faire entendre leur voix avec véhémence. L’université de Yaoundé II à Soa au lendemain de la journée internationale de la femme affiche la mine des jours habituels. Les étudiants préparent leurs examens de fin de semestre. Certains ont en même temps le cœur aux jeux universitaires qui vont se dérouler courant avril. En tout cas, les préparatifs de cet évènement sportif universitaire vont bon train.
Cependant, cette accalmie et ce train-train quotidien couvent bien la bombe à retardement qui peut exploser à tout moment à savoir : la situation sociale du personnel administratif qui revendique l’augmentation des salaires, de meilleures conditions de travail et bien d’autres avantages.
Ces réclamations ne sont pas le seul apanage de l’université de Yaoundé II. Elles sont partagées par l’ensemble des universités d’Etat qui annoncent de passer à la vitesse supérieure le 16 mars prochain. Comme les enseignants d’université qui bénéficient désormais des primes de plusieurs ordres parmi lesquelles celle du chef de l’Etat, les employés des universités entendent aussi croquer les fruits de la croissance.
Griefs
Ils revendiquent par conséquent que leur traitement salarial soit revu à la hausse. Un cadre administratif de l’université de Yaoundé II argumente : « Ce n’est pas normal que seuls les enseignants soient pris en compte dans l’amélioration du traitement salarial. Ils ont une prime spéciale du chef de l’Etat qui s’élève à près de 800.000 Fcfa par trimestre. Ils ont la prime de l’université qui n’est pas loin de celle-là. Sans compter les autres avantages liés à l’exercice de leur métier. La participation à un jury donne droit au moins à 50 mille par jour pour ne citer que celles ». Il poursuit : « c’est vrai nous n’avons pas le même niveau d’études et loin de nous l’idée d’avoir les mêmes primes. Mais nous avons besoin aussi d’être considérés. Un minimum d’attention devrait nous être accordé. Notre rôle est tout aussi important que celui des enseignants. Sans nous, l’université n’existerait pas au regard de nos tâches. C’est nous qui nous occupons des notes et des inscriptions et bien d’autres choses ».
Les personnels administratifs récusent donc ce fonctionnement à deux vitesses des universités. Ils en ont marre de ce traitement discriminatoire. A travail égal, les employés se plaignent que les enseignants font tout pour la rétribution qui leur est accordée soit au moins du tiers que la leur. Ils jettent la responsabilité de cette situation aux universitaires qui entourent le chef de l’Etat et qui ne prêchent que pour leurs saints. Une manière très égoïste de voir et de faire les choses.
Notre interlocuteur revient sur la charge : « Ce n’est pas étonnant que les enseignants d’universités soient de mieux en mieux traités. Ils ont des porte-parole efficaces qui entourent le président Paul Biya. Au rang desquels, on peut citer le Pr Sindjoun et le ministre Fame Ndongo qui plaident seulement en faveur de leurs collègues. N’ayant pas de porte voix, les employés des universités ne comptent que sur eux même pour faire entendre leurs doléances. Ils comptent le faire de la meilleure des manières le 16 mars prochain.
Dominique Ndocki
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