Le gouvernement annonce la construction d'un deuxième pont sur le Wouri avant 2015. Il ne se passe plus de jours sans que le pont sur le Wouri ne défraie la chronique. Cette semaine encore, une semi-remorque a achevé sa course dans les eaux du Wouri après que le chauffeur ait perdu le contrôle de son véhicule. Cet incident a paralysé pendant de nombreuses heures la circulation des usagers sur cet axe. Il n’était qu’un parmi tant d'autres enregistrés sur cet ouvrage.
Fait du hasard ou volonté délibérée de contenter les populations ? Toujours est-il qu'au cours de la cérémonie de présentation du document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce) dans la métropole économique, le secrétaire général du ministère de l'Economie, de la planification et de l'aménagement du territoire a annoncé au public que dans cinq ans, le fleuve Wouri pourrait bénéficier d'un nouveau pont. "Le budget 2010 a prévu une enveloppe pour les études de faisabilité de ce pont." a-t-il souligné.
Surexploitation
Cette annonce n'enthousiasme malheureusement pas une population qui n’a pas la mémoire courte. Nombreux sont en effet celles qui se souviennent encore que ce n'est pas la première fois qu'on parle de la construction d'un deuxième pont sur le Wouri.
A la faveur de l'opération de réhabilitation de l'actuel pont, après les études menées courant 2005, le ministère des Travaux publics et la Communauté urbaine de Douala avaient annoncé la construction d'un deuxième pont sur le Wouri. Avant de se raviser sous le prétexte que le gouvernement ne disposait pas suffisamment de ressources financières pour mener de pareils travaux. Or, la société chinoise qui s'affairait à donner un sérieux coup de rajeunissement aux routes de Douala avait demandé pour ce faire, une bagatelle somme de 13 milliards de Fcfa. Malheureusement, cette demande n'avait pas prospéré auprès des différents responsables en charge du dossier. C'est ainsi qu'enveloppe de plus de 5 milliards de Fcfa auraient été débloqués, après les premiers 13 milliards de Fcfa supportée à hauteur de 7,87 milliards de Fcfa par l'Agence française de développement (Afd), le reste par l'initiative Ppte et l'Etat camerounais, pour la seule réhabilitation du vieux ouvrage. Pauvre de nous! Cette annonce suffira-t-elle pour voir les choses se mettre enfin en branle pour éviter de voir paralyser davantage les activités de ce côté en cas d'un énième accident de la circulation?
Construit entre 1951 et 1954, dans une technologie naissante à l'époque (le béton précontraint), l'ouvrage n'avait en effet bénéficié d'aucun entretien conséquent jusque-là. Et pourtant, selon les estimations officielles, la circulation quotidienne sur le pont du Wouri est de 32.000 véhicules, 9.000 deux-roues, 2.500 piétons, auquel il faut ajouter deux trains omnibus de voyageurs et de produits divers. Cette surexploitation, pour une passerelle ne correspond manifestement plus aux besoins de l'économie du Cameroun, selon les avis des experts.
Thierry Nyope
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