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Drames et pertes fiscales au bout du parcours PDF Imprimer Envoyer
Écrit par cameroon-tribune   
Vendredi, 16 Juin 2017 08:18

Le transport clandestin qui échappe à la comptabilité nationale est  impliqué dans de nombreux accidents qui endeuillent les familles au quotidien.En ville comme en campagne, les opérateurs qui exercent clandestinement dans le transport routier ont un même mode opératoire et un dénominateur commun : véhicules en piteux état, sans plaques d’immatriculation et sans papiers, conducteurs sans pièces officielles requises. Ils ont un maillage territorial et quadrillent tous les espaces dans nos villes et les localités même les plus reculées. Selon le ministère des Transports, 40 à 60 % des véhicules qui roulent sur nos routes seraient des « clandos ». Le mauvais état du réseau routier, l’insuffisance des moyens de transport de masse et le taux de chômage en milieu jeune constituent le terreau fertile de ce phénomène qui prend des proportions inquiétantes. Leur coût relativement moins cher, combiné à leur accès  aux zones les plus difficiles, ne sont que des pièges pour les usagers. Mis à part la criminalité qui se greffe à ce mode de transport, le phénomène de « clando » se rend tristement célèbre dans le hit-parade des nombreux accidents qui endeuillent au quotidien des familles. D’après les chiffres obtenus auprès de la gendarmerie nationale, en 2014, le bilan fait état de 3 088 accidents de la circulation à l’origine de 1 102 morts  et 4 262 blessés, dont la plupart victimes des « clandos ». La situation était encore plus alarmante avant cette date. Jusqu’en 2010, le nombre de victimes sur les routes du pays se situait au-dessus de la barre de 1 200 tués.


Et ce n’est pas tout. Cette activité, exploitée en marge de la législation sociale et fiscale, n’est soumise à aucune norme légale, échappant ainsi à la compatibilité nationale.  Ne payant ni taxes, ni charges diverses, les transporteurs clandestins mènent une concurrence déloyale aux opérateurs légaux.
Dans l’objectif du gouvernement, le secteur du transport doit être un levier sur lequel l’économie camerounaise doit consolider sa croissance. Selon les chiffres, le secteur contribue à hauteur de 5,8% au Pib du Cameroun et pourvoit à 435 855 emplois. Il représente 6,8% des charges de fonctionnement des entreprises et 8,8% des dépenses de consommation des ménages. Le transport routier, à lui seul, assure près de 90% de la demande intérieure de transport voyageurs, 75% de la demande de transport des marchandises. Pour maintenir le cap, la sécurité routière doit être de mise et la préservation du capital humain encore plus.

L’explication

Divine Nkendong Mbamome: « Ils n’ont pas de titres de transport appropriés »

Directeur des Transports routiers au ministère des Transports

Comment appréhendez-vous le phénomène de transport routier clandestin au niveau du ministère des transports ?


Il convient au préalable de souligner que le transport routier clandestin est un moyen de transport qui ne se soumet pas aux normes légales. En ce sens qu’il est exploité en marge de la législation sociale et fiscale. Il échappe par ailleurs à la comptabilité nationale et donc à la régulation de l’Etat. Ayant effectué son apparition à la faveur de la crise économique des années 90, il prend des proportions inquiétantes aujourd’hui. En raison du fait à la fois d’une faible maîtrise du développement économique et de l’explosion démographique. Il se manifeste de manière générale entre autres par : l’exercice de la profession de transporteur routier ou d’auxiliaire sans licence ou autorisation préalable, l’exploitation d’une licence louée, prêtée, cédée ou transférée, la conduite d’un véhicule de transport public sans permis de conduire, l’utilisation des véhicules à usage personnel pour le transport public des personnes et des marchandises à usage commercial et la conduite d’un véhicule de transport public sans les titres de transport appropriés (cartes bleues, cartes grises).


Y-a-t-il un cadre règlementaire ?


Il existe un cadre législatif et réglementaire pour encadrer les activités de transport. On peut ainsi citer celle régissant les professions de transporteurs routiers et les auxiliaires de transport routier, le décret du 17 Mars 2004 fixant les conditions d’accès aux professions de transporteurs routiers et d’auxiliaires de transport modifié et complété par certaines dispositions du décret du 22 Septembre 2016. C’est pourquoi ce type de transport constitue un obstacle de nos jours dans la mise en place d’une politique de transport routier efficace dans un environnement économique plus favorable.


Quelles sont les mesures prises par le ministère pour venir à bout de ce fléau ?


Au niveau de notre département ministériel, l’accent est mis sur l’éducation, la sensibilisation des populations et des usagers de la route sur les dangers du transport routier clandestin. Une insistance est faite sur la prévention, la pédagogie et le cadre règlementaire. C’est ainsi que des messages sont diffusés à l’endroit de chaque cible en l’occurrence les transporteurs clandestins. Une manière de les amener à se conformer à la règlementation en vigueur et inviter les usagers à être plus attentifs aux dangers qui en découlent. C’est ainsi que nos équipes distribuent des dépliants sur la réglementation, l’identification des points d’embarquement et de débarquement où la réglementation n’est pas respectée. A cela s’ajoute l’encadrement des activités émergeantes à l’instar du transport par mini bus, motocycle. Le renforcement des contrôles routiers permanents et inopinés dans tous les points de chargement, les contrôles de l’état physique des véhicules, le contrôle sur l’authenticité des titres de transport, le développement du transport urbain de masse, la facilitation de l’obtention des titres de transport avec une réduction des délais, etc.


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