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Can 2019 : Le Cameroun dans le piège de l’urgence retient son souffle… PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Ghislain KOUNGANG   
Mercredi, 17 Janvier 2018 15:27

Ça y est, le Cameroun retient son souffle. La république qui a bâti et poli une bonne frange de sa renommée sur le ballon rond est entrain de vivre une période des plus historiques. Historique oui ! Car  c’est le sort de la coupe d’Afrique des nations 2019 qui est entrain de se jouer,  précisément  la sphère géographique qui va l’accueillir. C’est l’équation qui taraude la CAF et dont une délégation missionnée par l’instance présidée par Ahmad Ahmad est venue rechercher les éléments susceptibles d’orienter la décision dans un sens comme dans l’autre.

 

Nul besoin de rappeler que la surchauffe autour de l’organisation de la Can 2019  trouve son origine dans l’accession du malgache à la tête de la superstructure du football africain et principalement le chamboulement du cahier de charge arrêté au moment de l’attribution de la compétition au pays de Benjamin Massing.  Dès lors, il a été clairement formulé l’éventualité du retrait de la compétition au Cameroun eu égard, et il convient de le souligner, à l’état d’avancement des travaux à l’époque jugé  nonchalant voire  minable. Aujourd’hui,  la première mission  de la  CAF, longtemps redoutée et plusieurs fois attendue et reportée est bien présente.  Il s’agit de neuf bonshommes amenés par l’égyptien Ismail Wally, Chef du département des Compétitions à la CAF, dont la tâche est de sillonner l’ensemble des différentes infrastructures (sportives, routières, hospitalières et autres)  devant abriter ou servir à  la compétition continentale. Ainsi du 11 au 23 janvier,  de Yaoundé à Buea en passant par Garoua, Bafoussam, Douala et Limbé, l’évaluation se voudra sans complaisance, aucun détail ne sera négligé et aucune fausse note ne sera permise pendant le séjour des plénipotentiaires mandatés par la Caf.

Et c’est peut  être ce « trop plein de sérieux » qui a toujours rythmé les sorties du chairman de la CAF, au point de rendre l’ambiance tendue, que le gouvernement camerounais a voulu adoucir en offrant à ses hôtes un accueil princier afin de décrisper l’atmosphère. Sinon comment apprécier  le diner spectacle offert en l’honneur de Ismail Wally et compagnie, et ce seulement après leur premier jour de travail. Tapis rouge, buffet et spectacles  aux aires géoculturelles du Cameroun  étaient exprimés à travers des artistes venus des quatre  horizons du Cameroun. Chapeau. Une démarche qui vise à impressionner la délégation à l’effet d’obtenir gain de cause à la fin.

Mais n’allons pas très vite en besogne car sur le terrain, l’ambiance que dégage le niveau d’avancement des travaux n’est pas reluisante. C’est que les travaux des stades de compétition et d’entrainement de football  ainsi que les autres infrastructures de Garoua piétinent pour ne pas dire, sont coincés alors que les fonds estimés à quelques dizaines de milliards de FCFA ont été débloqués depuis plusieurs mois déjà. L’assurance du gouvernement n’est donc qu’apparente car sur le terrain, de réels soucis  existent. Et Yaoundé ne semble pas motiver à mettre la pression  afin d’obtenir le lancement véritable des travaux.  Toute chose qui remet au goût du jour, le flou artistique entretenu à l’occasion de la passation de la plupart  des marchés relatifs à l’organisation de la compétition. Des marchés dont l’octroie obéit à la logique du « gré à gré »  décidée par  les pontes du régime, véritables bénéficiaires  qui tirent les ficelles. La timidité observée dans l’accélération des travaux serait ainsi liée au statut des fossoyeurs de la république qui se trouvent être des hauts commis de l’Etat.

Dans le même continuum, on peut lister le stade d’entrainement de Douala précisément Mbappé Lépé qui se trouve entouré d’une clôture après avoir subi des casses qui d’ailleurs ont endommagé l’ère de jeu. Un scénario qui dure depuis bientôt six mois.

Seulement,  ce que beaucoup n’ont pas encore ou peu intégré, c’est qu’il s’agit cette fois-ci du football, cette discipline, bien plus que toute autre,  qui reste et demeure l’arbre qui cache la forêt Cameroun. Il n’ya qu’à se remémorer le discours de Paul Biya le 31 janvier 1017, pour comprendre combien il tient  à cette discipline, bref à cette coupe d’Afrique 2019. Et qui plus est, en période de pré-campagne pratiquement. C’est possiblement le sens des préfabriqués qui ont foulé le sol camerounais. Comme quoi  toutes les acrobaties  y comprises  diplomatiques vont désormais rentrer en jeu pour que le Cameroun soit prêt le jour dit.

Cette coupe d’Afrique est d’autant plus cruciale pour Paul Biya qu’il va s’agir de la toute première et certainement de l’unique édition tenue sous son magistère. Car  de mémoire, la dernière Can organisée par le Cameroun remonte à 1972, sous le règne du feu Ahmadou Ahidjo. En clair, le Cameroun (territoire)  n’a jamais constitué, le cœur du continent à l’occasion d’une messe du football continental qui pourtant est cette discipline, l’unique d’ailleurs, qui continue d’entretenir son image à l’international.

Aussi, et là il ne s’agit plus d’un trophée pour le renouveau mais d’une évidence. C’est que le football constitue encore un univers vierge de tribalisme. Une orientation idéologique, pour ne pas dire une décadence et une dissidence dangereuses, qui, malheureusement  avale du terrain au fur et à mesure que les ressources de la république sont pillées à ciel ouvert et de façon ostentatoire par des grossiers personnages.  Heureusement encore, le football continue d’unir les camerounaises et camerounais, sans distinction d’aire géographique. Et c’est peu être, in fine, au-delà de tout calcul politicien et autre,  l’argument le mieux partagé qui rend impératif l’organisation de la CAN par le Cameroun.

Ghislain KOUNGANG.

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